mardi 18 août 2026

Les figures du diable et de l'amour

 

D'un point de vue archétypique, l'amour est quelque chose de fondamental qui renvoie à la protection et au soutien entre les humains et en particulier des adultes vis-à-vis des enfants. L'amour, la valeur morale suprême, qui libère de la pulsion de meurtre. Sans l'amour et sans nécessité d'aimer, l'être humain est livré à la pulsion meurtrière. Il peut tuer pour se nourrir sous toutes les formes du mot, dépouiller le prochain de ses biens, de son argent, de sa chair, et en manger les enfants (nettement plus tendres que les vieilles carnes).


Lorsque, dans certaines folies, cette valeur d'amour est rompue et que les personnes se livrent alors à fond à leur égocentrisme, leur égoïsme et qu'ils éprouvent une indifférence froide pour le prochain, fut-il un enfant, on peut dire qu'ils se sont libérés des derniers remparts de la morale et qu'ils sont devenus des ogres et des figures du démon ou du diable. Il est probable qu'ils éprouvent alors un sentiment de toute puissance, étant libérés de toute entrave, n'ayant plus alors aucun frein à leur pulsion de meurtre. Certes, ces êtres sont divisés mais surtout ils sont possédés par leur part obscure de manière définitive. 


Les enfants ne se trompent pas qui, malheureusement, croisent parfois la route de ces prédateurs, et qui dessinent alors, spontanément, des figures du diable : celui qui est capable de séduire tout en ayant aucun sentiment. Le sourire du diable est celui de la perversion et de la manipulation, tel est l'archétype : le pouvoir et la folie égocentrique de l'action libérée de la nécessité de l'amour.


Cela pose la question des troubles narcissiques qui, d'une façon inconsciente, se sont affranchis de la valeur morale de l'amour. S'ils n'ont pas d'empathie, c'est justement à cause de cela.




Bernard Corbel, août 


2026

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